Pourquoi vos formations ne suffisent pas : comprendre la posture intérieure du praticien
Ce moment que beaucoup traversent sans jamais le dire
Il y a un moment que beaucoup de praticiens traversent en silence. Un moment où, malgré les formations, les outils et les heures accumulées, quelque chose ne fonctionne pas comme prévu.
On applique ce que l’on a appris, on s’appuie sur la technique pour se rassurer… mais intérieurement, la posture ne tient pas tout à fait. Les clients ne viennent pas, la confiance se fissure et, peu à peu, le passage à l'action devient lourd, parfois même épuisant, jusqu’à mettre certains projets en pause.
Ce décalage est souvent difficile à comprendre, car il ne s'agit pas forcément d'un manque de compétence, mais de quelque chose de plus profond.
Dans cet article, je vous propose d'explorer cette étape que beaucoup de praticiens rencontrent après leurs formations. Celle où l'on découvre qu'apprendre un métier et habiter pleinement sa place de thérapeute sont deux choses différentes.
Car il existe un passage que les formations ne peuvent pas traverser à notre place. Une étape très personnelle et essentielle, qui transforme progressivement notre manière d'accompagner et d'habiter pleinement notre pratique.
Le passage que beaucoup de praticiens ne voient pas venir
Au cours de leur parcours professionnel, beaucoup de praticiens imaginent qu'une nouvelle formation, une spécialisation ou un nouvel outil viendront enfin combler ce qui manque.
Pourtant, même lorsque les connaissances sont là et que la technique est maîtrisée, quelque chose peut continuer à résister. On hésite encore à se montrer, à parler de son activité, on est stressé à l'idée d'accueillir ses premiers clients ou à se sentir à sa place lors des rendez-vous.
Ce constat est souvent déstabilisant, car il ne s'agit généralement pas d'un manque de compétence. Les formations ont permis d'acquérir des connaissances, des outils et des repères. Le diplôme qui les valide en témoigne.
Le véritable défi est ailleurs. Il consiste à traverser cette étape où l'on ne cherche plus seulement à exercer une pratique, mais à l'incarner pleinement.
Le mécanisme de déplacement
Lorsque ce décalage s'installe, il est rare que nous le reconnaissions immédiatement pour ce qu'il est.
Nous cherchons alors naturellement une explication à l'extérieur. Pour certains, ce doute se traduit par une nouvelle formation ou une spécialisation censée apporter ce qui manque encore.
Pour d'autres, c'est la formation elle-même qui est remise en question : le contenu n'était pas assez complet, la pédagogie n'était pas adaptée, le formateur n'était pas suffisamment compétent ou le diplôme n'a finalement pas la valeur espérée.
Ces réactions sont compréhensibles. Lorsqu'un doute s'installe, il est souvent plus rassurant de penser qu'il nous manque encore quelque chose que de reconnaître l'inconfort de ce que nous sommes en train de traverser.
Pourtant, dans de nombreuses situations, la question n'est plus celle de la qualité de la formation. Elle concerne davantage la manière dont nous nous percevons, la confiance que nous accordons à ce que nous savons déjà et la place que nous nous autorisons à prendre dans notre pratique.
Ce type de décalage ne concerne d'ailleurs pas uniquement les praticiens. Il peut apparaître dans de nombreux passages de vie, même lorsque l'on a déjà beaucoup travaillé sur soi. Si cette question vous interpelle, vous pouvez poursuivre votre lecture avec l'article « Pourquoi je n'arrive pas à avancer malgré le travail sur moi ? », dans lequel j'explore les mécanismes qui continuent parfois à nous freiner malgré tous les efforts déjà réalisés.
Notre regard se tourne vers une autre question : « Si je possède déjà les compétences nécessaires, qu'est-ce qui m'empêche encore de prendre pleinement ma place comme praticien ? »
Prendre sa place comme thérapeute
Entre le mental qui tourne, les doutes qui s'installent, les résistances récurrentes et la pression relationnelle, il devient parfois difficile de voir ce qui se joue réellement.
Pourtant, avec le temps et les bonnes bases quelque chose peut commencer à changer. Progressivement on va chercher à devenir un praticien légitime pour commencer à habiter la place que l'on occupe déjà.
Peu à peu, il devient plus facile de rester présent lors des rencontres, on pose pus facilement nos limites lorsque cela est nécessaire. On prend des décisions et on arrive à les tenir, enfin on ne porte plus seul la responsabilité de tout ce qui se joue dans l'accompagnement.
On découvre également que la relation d'accompagnement ne fonctionne pas comme les relations ordinaires du quotidien. Être à l'écoute, bienveillant ou sociable est précieux, mais cela ne suffit pas toujours à tenir la place particulière que demande l'accompagnement. Cette place implique d'accueillir ce que l'autre traverse sans s'y perdre, de rester stable lorsque des émotions fortes émergent et de conserver des repères clairs dans la relation.
La posture cesse alors d'être un idéal à atteindre pour devenir une manière d'être. C'est souvent à cet endroit que la transformation devient concrète : ce que vous savez déjà commence naturellement à s'incarner dans votre manière d'accompagner.
J'ai moi-même traversé cette étape. Pendant longtemps, j'ai cru que je devais encore apprendre, faire davantage ou être plus performante. Puis j'ai compris que ce n'était plus la technique qui me permettrait d'avancer, mais la manière dont j'acceptais progressivement d’habiter ma place dans l’accompagnement.
Conclusion : prendre sa place est aussi un apprentissage
On croit souvent que ce sont les outils qui font la différence. En réalité, ils ne prennent toute leur valeur que lorsqu'ils sont portés par une présence, c'est à dire une manière d'habiter pleinement sa pratique.
C'est souvent une découvertes que les praticiens comprennent après leurs formations : apprendre un métier et devenir la personne qui l'incarne sont deux étapes différentes d'un même chemin.
Si vous vous reconnaissez dans ce que vous venez de lire, ce n'est peut-être pas le signe que vous manquez encore de compétences. C'est peut-être simplement que vous êtes en train de traverser une étape que beaucoup de praticiens vivent en silence.
Et cette étape n'est pas un échec. Elle fait pleinement partie du chemin qui conduit, peu à peu, à exercer avec davantage de justesse, de stabilité et de confiance.
Pour aller plus loin...
Je vous invite à découvrir ma manière d'accompagner les praticiens qui traversent cette étape dans leur parcours.
Vous y trouverez les repères, mon approche dans l'accompagnement que je propose pour aider chacun à habiter progressivement sa place avec davantage de stabilité et de confiance.
Si cette approche résonne pour vous, vous pourrez ensuite réserver un premier temps d'échange afin de faire le point sur votre situation et voir si cet accompagnement correspond à vos besoins.
FAQ — Les questions les plus fréquentes sur la posture du praticien
Pourquoi est-ce que je continue à douter alors que j'ai terminé ma formation ?
Les formations apportent des connaissances, des compétences et des repères. Elles contribuent à construire la confiance, mais elles ne suffisent pas toujours à installer un sentiment de légitimité.
Lorsque l'on travaille au sein d'une structure, il existe souvent des repères extérieurs qui soutiennent cette confiance : un recrutement, une équipe, un responsable ou une institution qui reconnaît vos compétences et vous confie une mission. Cette reconnaissance apporte un cadre sécurisant.
Lorsque l'on exerce à son compte, ces repères disparaissent en grande partie. Il devient alors nécessaire de construire progressivement une confiance plus intérieure, fondée sur son expérience, sa posture et la manière dont on habite sa pratique. C'est souvent cette transition qui rend les premiers pas plus exigeants.
Pourquoi est-ce que je continue à douter alors que j'ai terminé ma formation ?
Parce que terminer une formation ne signifie pas toujours que l'on se sent prêt à habiter pleinement sa pratique.
Les connaissances s'acquièrent relativement rapidement, mais la confiance, la posture et la stabilité se construisent au fil des premières expériences.
Ce décalage est fréquent : il ne signifie pas que vous êtes incompétent, mais que vous êtes peut-être en train de traverser cette étape où l'on apprend progressivement à prendre sa place dans la relation d'accompagnement.
Comment commencer à prendre sa place lorsque l'on manque encore de confiance ?
Commencer à prendre sa place, c'est accepter d'avancer avec une part d'incertitude, tout en s'appuyant sur les compétences déjà acquises.
La posture ne naît pas de la perfection, mais de la manière dont vous vous sentez professionnel dans votre pratique.
Est-ce qu'un accompagnement individuel peut compléter mes formations ?
Oui. Une formation transmet des connaissances et des outils.
Un accompagnement individuel permet souvent de travailler ce qui ne s'apprend pas dans un cursus : la posture, les repères relationnels, les doutes qui persistent et la manière d'habiter progressivement sa pratique.
Les deux approches sont complémentaires et répondent à des besoins différents.


